Catégorie : Projet (Page 1 of 2)

Dans cette catégorie sont regroupées des pages décrivant les différentes facettes du projet

Résultat de l'enquête publique : avis défavorable

Rapport de la commission d’enquête du contournement autoroutier :

Un véritable camouflet pour le projet !

Nous l’attendions avec impatience et une certaine fébrilité, le rapport de la commission d’enquête concernant le contournement autoroutier d’Arles a été publié ce mardi 3 mars. Il fait le bilan de l’enquête publique qui s’est déroulée du 17 novembre 2025 au 2 janvier 2026. Cette procédure obéit à des règles très précises et l’analyse a porté sur l’information au public, l’intérêt général du projet, la nécessité des expropriations, les critères socioéconomiques et financiers, l’environnement et la santé (article 5 de la charte de l’environnement) et enfin l’acceptabilité sociale du projet.

L’avis de la commission d’enquête est sans appel : elle considère que les inconvénients de l’opération l’emportent sur ses avantages et elle émet à l’unanimité de ses membres un avis défavorable à la déclaration d’utilité publique du projet.


Tous les critères d’analyses sont négatifs : 

  • L’information au public : avis défavorable, à cause de l’absence de pièces au dossier ;

  • L’intérêt général : avis réservé, notamment car le projet ne résout pas les nuisances mais les déplace vers des nouvelles zones jusqu’alors préservées. De plus, la justification par le maitre d’ouvrage d’un gain de temps de 5 à 6 minutes pour le transit européen est dérisoire en rapport d’un investissement d’au moins 1,135 milliard d’euros ;

  • La nécessité d’expropriation : avis défavorable, les inconvénients d’ordre social, agricole et économique induits par ces expropriations apparaissent excessifs au regard de l’intérêt que présente l’opération ;

  • Les critères socioéconomiques et financiers : avis très défavorable, la soutenabilité financière du projet n’est pas démontrée de manière robuste et la rentabilité affichée apparaît vulnérable aux moindres chocs économiques ou dérapages budgétaires ;

  • L’environnement et la santé : avis très défavorable, la commission considère que les atteintes substantielles et irréversibles à l’environnement ainsi que les risques pour la santé publique à l’échelle du territoire du Pays d’Arles l’emportent nettement sur le bénéfice local recherché de délestage urbain et d’achèvement de l’axe autoroutier Italie-Espagne ;

  • L’acceptabilité sociale : avis défavorable, les bénéfices sociaux sont localisés et incertains, tandis que les inconvénients et les atteintes au cadre de vie présentent un caractère diffus, durable et difficilement réversible. 

En bref, rien ne va dans ce projet !

Et pour couronner le tout, plusieurs collectivités locales ne semblent pas vouloir accompagner le projet. Le Conseil régional n’a même pas adressé son avis alors qu’il est obligatoire. Si le Conseil départemental donne un avis favorable, il émet les mêmes inquiétudes que nous sur les conséquences sur le réseau secondaire et la circulation locale. Mais la vice-présidente du CD13 déléguée aux routes va plus loin et remet en question la nécessité d'une infrastructure lourde et suggère qu'il serait préférable de travailler sur l'existant, plutôt que de réaliser de nouveaux équipements lourds qui seraient à regretter. 

Aucune de ces deux collectivités ne souhaite participer à la subvention d’équilibre réclamée aux collectivités, dont le montant serait entre 150 et 200M€.

La commission d’enquête relève que pour la Maire de Saint-Martin-de-Crau, le projet actuel sacrifie l'intérêt des riverains et le budget des ménages au profit du développement de Fos.
Ce que nous dénonçons depuis des années. 

Le public ne s’y est pas trompé : parmi les 1852 contributions déposées, 68,3% sont défavorables au projet. Seuls 15% des contributions se déclarent favorables sans réserve à sa réalisation.

Ce rapport est accablant et vient contredire l’entêtement des pouvoirs publics depuis 25 ans. Au regard de l’actualité et des projets similaires en France, cet avis défavorable est aussi un signal fort et historique envoyé à l’État et aux aménageurs : nous ne pouvons plus ignorer les questions environnementales et sociales dans les projets d’infrastructures. Ces sujets doivent être au coeur des décisions.

Nous pensons qu’il est temps d’arrêter de s’acharner à tenter de faire vivre un projet archaïque et nous demandons à l’État d’abandonner une bonne fois pour toute ce projet qui n’est ni fait, ni à faire. Nous avons déjà perdu trop de temps. Depuis trente ans ce projet autoroutier empêche toutes alternatives et tous travaux afin d’améliorer les infrastructures existantes. 

Nous souhaitons qu’une nouvelle page s’ouvre sur l’études de solutions alternatives combinées : utilisation de la continuité autoroutière existante A9-A7 via Orange, réaménagement de l’existant, infrastructures anti-bruit, régulation dynamique de la vitesse, développement d’infrastructures de mobilité douce sur Arles, nouvelles liaisons inter quartiers, un vrai schéma de mobilité sur l’ensemble du Pays d’Arles et le développement du fret ferroviaire. Pour cela, nous sommes prêts à apporter nos propositions, à écouter celles d’autres associations et collectifs, à travailler avec les élus, les services techniques de l’État et des différentes collectivités, et bien évidemment à travailler avec l’ensemble des arlésiennes et des arlésiens.

Si l’État ignore le rapport de la commission d’enquête et souhaite passer en force, nous défendrons ce plébiscite démocratique sans rien céder.

Stop au contournement d’Arles.

Les alternatives

Contre le projet de contournement autoroutier d'Arles, En Travers De La Route vous propose une alternative, qui coûtera moins cher et qui répond vraiment aux problèmes des Arlésiennes et Arlésiens : congestion, dangerosité, pollution et nuisance. Et si on améliorait la vie des gens, plutôt que les profits de Vinci !

Pour participer à l'enquête publique avant le 2 janvier : https://www.registre-numerique.fr/contournement-arles/deposer-son-observation

Décryptage du projet - on continue !

Focus sur les conséquences du projet autoroutier d'Arles concernant la qualité de l'air et les émissions de gaz à effets de serre.

📈 Les émissions de GES ? 
Le bilan sur 50 ans est négatif ! Plus 5% d'émissions au total. Ce qui va à l'encontre des engagements de la France.

🔎 Les émissions de dioxyde d'azote, principal polluant du transport routier ?
Dans la mesure où le projet ne cherche pas à diminuer le trafic global mais à dispatcher celui-ci, il ne participera pas à diminuer globalement celles-ci.
Certes sur les abords immédiats de l'axe actuel la situation va s'améliorer, mais les taux de NO2 sont déjà autant voire plus importants sur les boulevards du centre-ville. Or une des conséquences du projet est un fort report de trafic en centre-ville, augmentant de fait les concentrations de NO2 dans le centre-ville et certaines avenues des quartiers périphériques.

Où est la réflexion globale sur l'échelle de la commune ou du territoire ? 
L’intérêt général se dessine dans l’exposition de l’ensemble des attentes. Pas seulement celles des riverains de l'axe actuel et celles des transporteurs routiers.

Ce projet n'est pas fait pour les arlésiens. C'est une autoroute pour favoriser le trafic de transit, notamment de marchandises.
Les arlésiens n’ont pas besoin d’aller plus vite. Ils ont besoin d’aller mieux.
Ce n'est pas en augmentant la pollution en centre-ville que la situation sanitaire d'Arles s'améliorera.

Décryptage !

Décryptage du projet - suite !

🔍 Un dossier d'enquête publique concernant une autoroute c'est technique, ça parle de chiffres, ça fait plusieurs milliers de pages, c'est un peu barbare, mais il est nécessaire de fouiner dedans pour y trouver des éléments concrets et probants.

🚗 Donc, parlons chiffres, parlons trafic routier, parlons impacts...

Petit décryptage des impacts sur la mobilité dans le quartier de Trinquetaille.
(attention spoiler : ce n'est pas génial!)

Décryptage du projet

On y est. L'enquête publique est ouverte et il faut absolument que le plus grand nombre d'avis s'expriment.

Il est temps d'étudier le dossier, qui fait plus de 7000 pages, alors autant dire qu'on va s'y mettre à plusieurs, et nous allons essayer de mettre à jour cette page de décryptage au fur et à mesure.

Pour avoir une vision plus synthétique, vous pouvez commencer par consulter la notice explicative (118 pages seulement, c'est chill !).

N'hésitez pas à partager votre expertise avec nous en nous écrivant à entraversdelaroute(a)changeonsdavenir.org

Mais surtout, penser à déposer votre contribution en mairie ou sur le site du registre numérique avant le 19 décembre.

Et pour commencer, Cyril Girard nous propose une première analyse, en abordant notamment la question des péages et des coûts que ce contournement va faire peser sur les habitants pour permettre à Vinci de faire un maximum de bénéfices, ainsi que les nuisances et l'explosion de la circulation en ville comme dans plusieurs hameaux et villages :

17 novembre 2025 - Ouverture de l'enquête publique

La presse a largement couvert l'ouverture de l'enquête publique ce lundi 17 novembre. On parle du contournement et de En travers de la route :

A la radio dans ICI Provence (ex France Bleue Provence) :

A la télé, dans Ici Provence (ex France 3 Provence), à 9 min 42s

Et dans le quotidien régional La Provence :

Screenshot

Mais le plus important, c'est :

La phase travaux

Période de travaux

Un autre impact très peu évoqué est la phase de chantier. Comment réaliser des travaux d’élargissement de la RN113 en maintenant la circulation ? Voies provisoires, surlargeurs temporaires, ouvrages de génie civil spécifiques… Il est à prévoir d’énormes difficultés de circulation se répercutant sur l’ensemble du réseau secondaire et urbain pendant de longs mois. Les bouchons des grands weekend ou des chassés-croisés estivaux tant décriés par certains seront le quotidien pendant près de trois ans.

L’accès au chantier ou l’acheminement d’engins sera également très compliqué dans certains secteurs, comme par exemple au niveau du Petit Plan du Bourg où seule la RD35 existe. Les camions passeront-ils par la zone urbaine, devant plusieurs groupes scolaires ? Ou ce sera un énorme détour par Mas-Thibert, et qui en subira alors les conséquences ?

Les travaux qui s’annoncent seront particulièrement pénalisant pour le cadre de vie et la circulation de milliers d’Arlésien.ne.s et de Saint-Martinois.es au quotidien.

Où seront installées les usines à bitumes, si décriées sur les chantiers actuels d'autoroutes et qui produiraient plusieurs centaines de milliers de tonnes d’enrobés pour l'autoroute ? Engendrant son lot de milliers de camions.

Mystère, personne ne veut se mouiller sur le sujet...


Décryptage de l'avis de l'Autorité environnementale

Fin septembre, l’Autorité environnementale (Ae), instance consultative dépendant du Ministère de l'environnement, suite à une sollicitation de la DREAL PACA, a rendu son avis sur le projet autoroutier d’Arles et son étude d’impact. Une démarche classique dans ce type de projet, qui prononce la poursuite administrative du projet et qui préfigure l’enquête publique. Cette dernière devrait débuter mi-novembre. Depuis une trentaine d'année que ce projet est étudié, jamais ces démarches n’étaient allé aussi loin.

Pour l’Ae, le principal enjeu environnemental réside dans la compatibilité d’un projet autoroutier prévoyant des remblais importants, dans le lit majeur du Rhône à l’aval immédiat de nombreuses zones habitées, avec les principes et les règles de prévention des inondations, suite aux inondations de 2003 et dans un contexte d’adaptation au changement climatique. Il est indiqué que le projet risque d’aggraver le risque d’inondation sur plus de 10 000 habitations sur les quartiers de Trinquetaille, Gimeaux ou Barriol.
Si des tronçons de quelques centaines de mètres sur pilotis sont déjà prévus, faut-il que la DREAL envisage d'en faire davantage ? Aura t-on 8 km autoroutier sur pilotis en tête de Camargue et près du pont Van-Gogh ?

L’Ae formule de nombreuses recommandations, soit pour compléter les volets du dossier d’une qualité moindre (composantes oubliées du projet, traduction du changement climatique dans le scénario de référence, déplacements, matériaux, paysage, Natura 2000 notamment), soit pour prévoir des mesures supplémentaires de réduction ou de compensation (artificialisation, biodiversité et zones humides en perspective de la demande d’autorisation environnementale, gaz à effet de serre, développements de l’urbanisation).
Et oui, même après des années d’études, de nombreuses insuffisances ou incohérences sont toujours présentes.


Petite liste non exhaustive des questionnements ou recommandation de l’Ae :

  • des mesures compensatoires agricoles et des ouvrages d’assainissements comptabilisés financièrement en mesures compensatoires environnementales, afin de surestimer délibérément le montant de ces dernières;
  • alors que le tracé n’a pas vraiment bougé ces dernières années, l’Ae s’étonne que 10 habitats naturels d’intérêt communautaire (Natura 2000) étaient recensés en 2012 contre seulement 7 aujourd’hui, sans explication de cette évolution. Ces derniers représentant 19 ou 22 ha selon les pièces du dossier (!);
  • un point de vigilance ressort de l’évaluation des incidences Natura 2000. L’Ae remet en question les critères utilisés pour déterminer les différents niveaux d’incidences retenus. Surtout, le projet est susceptible d’affecter des Zones de conservation spéciale (ZCS), soumises à des procédures d’autorisation communautaire;
  • concernant les espèces protégées, les enjeux sont également contestés par l’Ae, qui considère qu’ils ont été évalués à tort comme faibles ou moyens, alors qu’ils devraient être pris en compte de manière plus importante;
  • alors que les zones humides sont omniprésentes sur le secteur des 13 km de tracé neuf et à proximité de celui-ci, l’autoroute mettrait à mal de nombreuses connexions et interactions entre ces zones humides, l’Ae recommande de prendre en compte ces interactions;
  • page 6, un tableau issu du dossier de la DREAL confirme que l’objectif premier de ce projet autoroutier est de « contribuer à un réseau de transport national et européen fiable, (…), au bénéfice de la connectivité multimodale des pôles économiques régionaux ».
    Page 19, l’Ae recommande de « développer significativement la description de l’état initial pour tout les modes de déplacement autres que routiers motorisés, ainsi que les flux de fret et de transport routier de matières dangereuses », car le dossier est tout simplement insuffisant. 
    Des années que l’État porte ce projet d’autoroute nouvelle, mais que ses services n’osent pas mettre en parallèle la faiblesse du fret ferroviaire. Alors que les voies de chemin de fer longe la route !
    L’Ae souligne également « une incohérence générale entre les scénarios présentés et le scénario de référence »;
  • l’équilibre entre déblais et remblais apparaît incohérent. Le dossier ne comporte pas d’analyse approfondie de la compatibilité du projet avec les schémas régionaux de carrières, et les besoins en matériaux, notamment en page 27, ne sont pas suffisamment détaillés ni justifiés;
  • l’autorité environnementale recommande spécifiquement de reconsidérer les différentes options de réaménagement autoroutier à l’est, ainsi que le nouvel échangeur envisagé en rive gauche et les travaux qu’il pourrait entraîner. Cette critique est importante, car elle remet en question la pertinence du projet tel qu’il est actuellement conçu;
  • l’ensemble des bâtiments susceptibles d’être expropriés ou détruits n’est toujours pas répertorié;
  • toujours rien sur la phase de travaux. Ils auront un impact très fort sur les déplacements. Les trafics générés par le chantier ne sont pas quantifiés alors que le fort déficit en matériaux devrait nécessiter un nombre important de camions sur certaines voies peu adaptées. Sans oublier les aires de chantier, les routes temporaires, le déplacement de la la RD35,...;
  • tout nouveau contournement attire l’urbanisation des futures "dents creuses". Ici aussi on s'en inquiète. L’Ae recommande d'ailleurs d’affiner l’analyse des incidences indirectes du projet du fait des développements de l’urbanisation qu’il rendra possible, tout particulièrement au voisinage des échangeurs et de l’aire de service, et de proposer des mesures de réduction, le cas échéant de maîtrise de ces développements;
  • malgré la procédure de Mise en compatibilité des documents d’urbanisme (MECDU) des communes d’Arles et Saint-Martin-de-Crau il y a quelques mois, l’Ae soulève que le projet présente des incompatibilités avec les documents d’urbanisme locaux. Notamment sur la commune d’Arles, en ce qui concerne les zones agricoles (A) et certaines zones naturelles (Npr), dont les règlements ne permettent pas les affouillements et exhaussement.

Bien que dans son ensemble, le dossier soit jugé de bonne qualité par l'Ae et proportionné à l’étape de la DUP d’un dossier routier, il présente un certain nombre de faiblesses et d’incohérences dans les analyses initiales, soulevant ainsi des problèmes de fond majeurs qui viennent s'ajouter à des questions fondamentales : l'augmentation du risque d'inondation, l'augmentation des émissions de gaz à effet de serre et l'atteinte majeure portée à la biodiversité et aux zones humides.

Si vous souhaitez lire le rapport complet, il est disponible ici

Le projet en bref

points-clés

Les données du projet de contournement autoroutier d'Arles

  1. Le fuseau retenu est celui appelé "Sud Vigueirat"
  2. Le projet prévoit 13 kms en tracé neuf (2x2 voies) et 13 kms de RN113 à réaménager (dont en 2 x 3 voies sur 4 km)
  3. Emprise totale hors travaux : 240 ha
  4. 4 échangeurs, 1 aire de service et 1 aire de repos
  5. Un viaduc supplémentaire de franchissement du Rhône de 1,6 km
  6. Coût du projet : estimé à plus d'un milliard d’euros en 2024, sans compter le coût de l’aménagement de la RN113
  7. Enquête publique du 17/11/2025 au 19/12/2025, début des travaux prévus en 2027
  8. Mise en circulation prévue en 2029

Pourquoi le contournement n'est pas la solution :

  1. Pollutions atmosphériques : une partie serait simplement reportée à 2 km et même augmentée suite à la vitesse de 130 km/h autorisée, les habitants riverains de la RN113 ne seraient pas exempts de pollutions. Charte CO2 : seule une diminution du trafic permet une réduction du C02 (objectifs COP 21), or il a été démontré qu'une autoroute participe à l’augmentation des flux routiers ;
  2. Pollution sonore : elle serait pratiquement identique pour les riverains de la RN113, et amplifiée pour les riverains du contournement ;
  3. Report de trafic sur les axes secondaires : la mise en concession payante du contournement va engendrer un important report de circulation sur le réseau départemental, saturant certains secteur (Pont de Crau, Raphèle et Saint-Martin-de-Crau).
  4. Artificialisation des sols : 137 hectares de terres agricoles détruites et goudronnées : céréales, arboriculture, maraîchage, élevage, foin de Crau, vigne, apiculture. Dont 36% en culture biologique. Plus 18ha de délaissés agricoles ;
  5. Hydrologie : le projet aggraverait le risque d’inondation sur plus de 10 000 bâtiments, en créant une barrière supplémentaire pour l'évacuation des eaux en cas de crue.
    La perte de 40ha de culture irriguée de foin de Crau impacterait l'alimentation de la nappe phréatique de Crau, alimentant près de 270 000 personnes ;
  6. Biodiversité : forts impacts sur la faune et flore, le projet traverse trois sites Natura 2000. Plus de 160 espèces protégées recensées sur le tracé ;
  7. Paysages et voies vertes : difficultés de promenades au Sud d’Arles, notamment la Via Rhôna qui longerait l'autoroute sur plusieurs kilomètres, ainsi que des paysages défigurés par la hauteur de l’autoroute (remblais jusqu'à 12m de haut) ;
  8. Économie locale : l’impact du contournement ne sera pas forcément positif comme projeté. En effet, comment imaginer que déplacer un flux de transit, donc des véhicules ne faisant que passer, aura un impact positif sur l’économie locale ? De plus, ce contournement ne changera en rien les liaisons existantes entre les zones industrielles ou d’activités et les accès autoroutiers.
    Mais il détruira des emplois agricoles.

Pour aller plus loin, voir Le projet en détails

Le projet en détail

  • Trafic actuel

En juin 2024, 71 070 véhicules/jour dont 15% de poids-lourds sont recensés sur la RN113 en franchissement du Rhône.

Le flux du trafic présente une forte variabilité horaire et saisonnière
Les congestions sont principalement causées par les véhicules légers, dont environ 60% sont issus du trafic local.

Lors de la concertation publique de 2020, les chiffres de trafic de 2018 évoquaient un trafic global de 75 800 veh/jour dont 9% de PL. On constate une diminution des déplacements en véhicules légers mais une augmentation du transport de marchandises.

  • Projection du report de flux vers le contournement autoroutier

Ce flux de transit représente aujourd’hui 40000 véhicules, soit « seulement » 58% du trafic global.

Le modèle qui a servi pour établir les perspectives de circulation prévoit une augmentation régulière du trafic, avec +0,4 % par an pour les poids lourds. Or entre les chiffres de 2018 et de 2024, on constate une diminution des déplacements en véhicules légers mais une augmentation du transport de marchandises. Il faut signaler que le développement commun du Grand Port Maritime de Marseille et des zones logistiques sur le territoire entraînera toujours un important flux de camions sur l’axe actuel.

Initialement annoncée gratuite, l'autoroute sera finalement payante ! Quatre portiques de péages sont prévus : à l'ouest au début du contournement, à l'échangeur rive droite (Trinquetaille), à l'échangeur de la RN568 (route de Fos) et à Saint-Martin-de-Crau. Ceci entraînera un phénomène de report de trafic sur certains réseaux secondaires déjà saturés ou mal adaptés, en particulier sur la D453 entre Pont-de-Crau et Saint-Martin-de-Crau.
A noter également un accroissement significatif du trafic sur la partie urbaine de la RD35, à proximité immédiate de plusieurs groupes scolaires.

Tout projet de contournement autoroutier est accompagné du traditionnel projet de requalification en boulevard urbain de l'ancien axe. Mis en avant par de beaux dessins et maquettes, ce projet fait miroiter la transformation d'un axe routier en coulée verte où il fait bon flâner avec ses enfants.
Mais selon les prévisions de la DREAL, 24 700 véhicules dont 500 poids-lourds continueront à emprunter quotidiennement l’axe actuel au droit du pont sur le Rhône, pour du trafic local. Le contournement étant payant, pour éviter un trop fort report sur l'axe actuel, la ville d'Arles et la DREAL ont fait le choix de rendre peu accueillant à la circulation l'axe actuel entre le transformant en 2*1 voie dans un premier temps.
Ce qui revient à remplacer une 2*2 voie congestionnée aux heures de pointe par une 2*1 voie congestionnée aux heures de pointe.

Dans une deuxième étape, la ville prévoit même de supprimer une partie de cet axe, entre la Roquette et Fourchon. Renvoyant vers le centre-ville et les rues Bigot, Guintoli et Formige. Si les images de synthèse peuvent attirer l'oeil, c'est faire abstraction totale de la réalité du pays d'Arles et de son caractère rural nécessitant un recours à la voiture important pour aller d'un village à l'autre ou d'un village vers la ville.
Cela n’étant pas dans les prérogatives de l’État, cette requalification reposera financièrement sur les collectivités locales. Nous sommes dès lors en droit de s’interroger sur la pertinence de l’objectif initial de l’amélioration du cadre de vie des Arlésien.ne.s.

L’État s’est engagé sur plusieurs accords internationaux concernant les réductions de la pollution de l’air et des gaz à effets de serre (GES). L’objectif national est de réduire les émissions de GES de 40% en 2030 par rapport aux émissions de 1990. Nous sommes actuellement très en retard sur cet objectif. Les oxydes d’azotes, principaux polluants atmosphériques et dont l’origine est pour 55% dus aux transports routiers, sont particulièrement visés. Ce projet va complètement à l’encontre des engagements de l'Etat en la matière.

Avec ce contournement, la pollution de l’air globale ne sera pas réduite. En 2028 les trafics cumulés du contournement et de l’axe actuel seront assez similaires à celui du trafic actuel. Déplacer une partie du trafic et de ses nuisances à seulement 2km plus au sud ne réduit pas le trafic global.

La dernière étude d'AtmoSud sur l'ensemble de la ville (voir ici) mesurant notamment le dioxyde d'azote (NO2), traceur principal de la pollution liée au trafic routier, date de 2019. Cette étude conclue que "les concentrations les plus importantes ont été observées au niveau du centre-ville d’Arles et non pas en proximité de la N113".
Le boulevard Gambetta, le boulevard Emile Combes, l'avenue Leclerc ou encore le rond-point de Pont-de-Crau présentent des concentrations plus élevées qu'aux abords de la RN113. Pour réduire la pollution en ville, il est nécessaire de promouvoir une réelle politique de mobilité locale qui favorise les transports collectifs et les mobilités douce.

Si les prévisions prévoient des améliorations à proximité immédiate vers le Vittier et Saint-Genest, d’autres secteurs seront plus exposés aux pollutions comme Raphèle, Balarin ou Saint-Martin-de-Crau, sans oublier les futurs riverains ruraux du contournement.

Il est à noté que les transports routiers sont responsables de 51% des émissions de NOX sur le territoire de l'agglomération arlésienne (source AtmoSud).

Comment s'imaginer que la construction d'une autoroute aux portes de la Camargue et de la Crau ne fera pas d'énormes dégâts sur la biodiversité ? Sur un territoire surnommé le "triangle d'or de la biodiversité", le tracé retenu passe à quelques centaines de mètres à peine du Parc Naturel Régional de Camargue.
Trois sites Natura 2000 seront traversés par le projet (Camargue, Rhône Aval et Crau). D'autres dispositifs de protection ou label environnementaux, ZNIEFF, ZICO, Réserve de Biosphère, sont traversés par la bande d'enquête publique, ZNIEFF, ZICO, Réserve de Biosphère, qualifiant des secteurs de grand intérêt écologiques nationaux. Ce contournement coupera de nombreux corridors écologiques, connexions indispensables pour la faune, reliant entre eux différents habitats vitaux pour les espèces.

Sur le tracé, sont recensés :
🦩 Plus de 140 espèces d'oiseaux
🐸 11 espèces d'amphibiens
🦎 12 espèces de reptiles
🦫 41 espèces de mammifères
🦇 dont 21 espèces de chauves-souris
🌿 plus de 450 espèces de plantes

Plus de 160 espèces protégées recensées sur le tracé !

Enfin quels impacts sur les laurons, ces puits naturels d’où jaillit l’eau de la nappe souterraine et qui en font des milieux quasi unique en Méditerranée ? De nombreux laurons recensés seront directement touchés par ce projet.

Plus de 150 hectares de terres agricoles diversifiées vont être détruites par ce projet : céréales, maraîchage, arboriculture, élevage extensif, prairies, vigne, apiculture,... dont 36% en culture biologique, bien plus que la moyenne nationale (10%). Là aussi des labels accompagnent certaines cultures : IGP riz de Camargue, AOP Taureaux de Camargue, IGP viticole Bouches du Rhône – Terre de Camargue et AOP pour le foin de Crau, seul aliment pour animaux à obtenir un tel label de qualité. Cette diversité de culture participe à la résilience alimentaire du territoire.
41 exploitations agricoles sont touchées par le projet. Le total des emplois directs des exploitations concernées représente 206 équivalents temps plein, soit 9% des emplois agricoles sur les deux communes d’Arles et Saint Martin de Crau..
Sans avoir questionné tous les responsables de ces entreprises agricoles, la DREAL estime que le projet remet en cause à minima la survie de 6 d'entre elles. Pour un projet sensé favoriser l'économie locale c'est un comble !

En Crau humide ces cultures sont notamment rendues possible par un vaste réseau hydraulique qui alimente parcelle par parcelle les différentes prairies. Compte tenu de la complexité des canaux et de la nécessité d’entretien des ouvrages ce projet va dégrader un système agricole extrêmement fragile et bâtit au fil des siècles.
La nappe phréatique de Crau est intimement liée aux pratiques agricoles car alimentée à 70% par les canaux d’irrigation des prairies de Crau. D'Arles à Istres, près de 270 000 personnes sont alimentées en eau potable via cette nappe phréatique. Alors que l’eau est déjà un enjeu majeur sur le territoire, faire peser une menace supplémentaire sur cette nappe est un non sens.

De nombreuses entités paysagères seront traversées par cette autoroute : haute Camargue, bocages périurbains de Gimeaux, Grand Rhône, Petit Plan du Bourg, Grand Plan du Bourg, terres agricoles de la Draille marseillaise, Crau des marais et des étangs, et enfin Coussouls de Crau. Ce dernier étant un milieu unique et non compensable.
Une partie du tracé, vers la Draille marseillaise, sera sur un remblai allant jusqu'à 12m de hauteur, dans un environnement plat et au milieu des mas classés. De nombreuses habitations seront rasées et leurs occupants expropriés, que ce soit vers Gimeaux, le Plan-du-Bourg ou la Draille marseillaise, bouleversant ainsi de nombreuses vies.

Pour rappel, parmi les sept variantes initiales du projet, la seule qualifiée de très bonne pour le cadre de vie était la solution sous-fluviale longue, laquelle répondait favorablement à toutes les fonctions et objectifs sauf le coût, ce qui lui a valu d’être balayée d’un revers de main. Les questions environnementales et de pollutions n’ont pas la chance d’être réglée à coup de « quoi qu’il en coûte ».

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