❗Fake news au sujet de l'autoroute nord Camargue !
👉 Les principaux arguments brandis par le Maire de Arles et les services de l'État pour valider son projet de contournement autoroutier sont basés sur 3 fausses informations !
Décryptage !
Dans cette catégorie sont regroupées des pages décrivant les différentes facettes du projet
❗Fake news au sujet de l'autoroute nord Camargue !
👉 Les principaux arguments brandis par le Maire de Arles et les services de l'État pour valider son projet de contournement autoroutier sont basés sur 3 fausses informations !
Décryptage !
🔍 Un dossier d'enquête publique concernant une autoroute c'est technique, ça parle de chiffres, ça fait plusieurs milliers de pages, c'est un peu barbare, mais il est nécessaire de fouiner dedans pour y trouver des éléments concrets et probants.
🚗 Donc, parlons chiffres, parlons trafic routier, parlons impacts...
Petit décryptage des impacts sur la mobilité dans le quartier de Trinquetaille.
(attention spoiler : ce n'est pas génial!)
On y est. L'enquête publique est ouverte et il faut absolument que le plus grand nombre d'avis s'expriment.
Il est temps d'étudier le dossier, qui fait plus de 7000 pages, alors autant dire qu'on va s'y mettre à plusieurs, et nous allons essayer de mettre à jour cette page de décryptage au fur et à mesure.
Pour avoir une vision plus synthétique, vous pouvez commencer par consulter la notice explicative (118 pages seulement, c'est chill !).
N'hésitez pas à partager votre expertise avec nous en nous écrivant à entraversdelaroute(a)changeonsdavenir.org
Mais surtout, penser à déposer votre contribution en mairie ou sur le site du registre numérique avant le 19 décembre.
Et pour commencer, Cyril Girard nous propose une première analyse, en abordant notamment la question des péages et des coûts que ce contournement va faire peser sur les habitants pour permettre à Vinci de faire un maximum de bénéfices, ainsi que les nuisances et l'explosion de la circulation en ville comme dans plusieurs hameaux et villages :
La presse a largement couvert l'ouverture de l'enquête publique ce lundi 17 novembre. On parle du contournement et de En travers de la route :
A la radio dans ICI Provence (ex France Bleue Provence) :

A la télé, dans Ici Provence (ex France 3 Provence), à 9 min 42s

Et dans le quotidien régional La Provence :

Mais le plus important, c'est :
Période de travaux
Un autre impact très peu évoqué est la phase de chantier. Comment réaliser des travaux d’élargissement de la RN113 en maintenant la circulation ? Voies provisoires, surlargeurs temporaires, ouvrages de génie civil spécifiques… Il est à prévoir d’énormes difficultés de circulation se répercutant sur l’ensemble du réseau secondaire et urbain pendant de longs mois. Les bouchons des grands weekend ou des chassés-croisés estivaux tant décriés par certains seront le quotidien pendant près de trois ans.
L’accès au chantier ou l’acheminement d’engins sera également très compliqué dans certains secteurs, comme par exemple au niveau du Petit Plan du Bourg où seule la RD35 existe. Les camions passeront-ils par la zone urbaine, devant plusieurs groupes scolaires ? Ou ce sera un énorme détour par Mas-Thibert, et qui en subira alors les conséquences ?

Les travaux qui s’annoncent seront particulièrement pénalisant pour le cadre de vie et la circulation de milliers d’Arlésien.ne.s et de Saint-Martinois.es au quotidien.
Où seront installées les usines à bitumes, si décriées sur les chantiers actuels d'autoroutes et qui produiraient plusieurs centaines de milliers de tonnes d’enrobés pour l'autoroute ? Engendrant son lot de milliers de camions.
Mystère, personne ne veut se mouiller sur le sujet...

Fin septembre, l’Autorité environnementale (Ae), instance consultative dépendant du Ministère de l'environnement, suite à une sollicitation de la DREAL PACA, a rendu son avis sur le projet autoroutier d’Arles et son étude d’impact. Une démarche classique dans ce type de projet, qui prononce la poursuite administrative du projet et qui préfigure l’enquête publique. Cette dernière devrait débuter mi-novembre. Depuis une trentaine d'année que ce projet est étudié, jamais ces démarches n’étaient allé aussi loin.
Pour l’Ae, le principal enjeu environnemental réside dans la compatibilité d’un projet autoroutier prévoyant des remblais importants, dans le lit majeur du Rhône à l’aval immédiat de nombreuses zones habitées, avec les principes et les règles de prévention des inondations, suite aux inondations de 2003 et dans un contexte d’adaptation au changement climatique. Il est indiqué que le projet risque d’aggraver le risque d’inondation sur plus de 10 000 habitations sur les quartiers de Trinquetaille, Gimeaux ou Barriol.
Si des tronçons de quelques centaines de mètres sur pilotis sont déjà prévus, faut-il que la DREAL envisage d'en faire davantage ? Aura t-on 8 km autoroutier sur pilotis en tête de Camargue et près du pont Van-Gogh ?

L’Ae formule de nombreuses recommandations, soit pour compléter les volets du dossier d’une qualité moindre (composantes oubliées du projet, traduction du changement climatique dans le scénario de référence, déplacements, matériaux, paysage, Natura 2000 notamment), soit pour prévoir des mesures supplémentaires de réduction ou de compensation (artificialisation, biodiversité et zones humides en perspective de la demande d’autorisation environnementale, gaz à effet de serre, développements de l’urbanisation).
Et oui, même après des années d’études, de nombreuses insuffisances ou incohérences sont toujours présentes.
Petite liste non exhaustive des questionnements ou recommandation de l’Ae :


Bien que dans son ensemble, le dossier soit jugé de bonne qualité par l'Ae et proportionné à l’étape de la DUP d’un dossier routier, il présente un certain nombre de faiblesses et d’incohérences dans les analyses initiales, soulevant ainsi des problèmes de fond majeurs qui viennent s'ajouter à des questions fondamentales : l'augmentation du risque d'inondation, l'augmentation des émissions de gaz à effet de serre et l'atteinte majeure portée à la biodiversité et aux zones humides.
Si vous souhaitez lire le rapport complet, il est disponible ici
Les données du projet de contournement autoroutier d'Arles

Pourquoi le contournement n'est pas la solution :

Pour aller plus loin, voir Le projet en détails
En juin 2024, 71 070 véhicules/jour dont 15% de poids-lourds sont recensés sur la RN113 en franchissement du Rhône.
Le flux du trafic présente une forte variabilité horaire et saisonnière
Les congestions sont principalement causées par les véhicules légers, dont environ 60% sont issus du trafic local.
Lors de la concertation publique de 2020, les chiffres de trafic de 2018 évoquaient un trafic global de 75 800 veh/jour dont 9% de PL. On constate une diminution des déplacements en véhicules légers mais une augmentation du transport de marchandises.
Ce flux de transit représente aujourd’hui 40000 véhicules, soit « seulement » 58% du trafic global.
Le modèle qui a servi pour établir les perspectives de circulation prévoit une augmentation régulière du trafic, avec +0,4 % par an pour les poids lourds. Or entre les chiffres de 2018 et de 2024, on constate une diminution des déplacements en véhicules légers mais une augmentation du transport de marchandises. Il faut signaler que le développement commun du Grand Port Maritime de Marseille et des zones logistiques sur le territoire entraînera toujours un important flux de camions sur l’axe actuel.

Initialement annoncée gratuite, l'autoroute sera finalement payante ! Quatre portiques de péages sont prévus : à l'ouest au début du contournement, à l'échangeur rive droite (Trinquetaille), à l'échangeur de la RN568 (route de Fos) et à Saint-Martin-de-Crau. Ceci entraînera un phénomène de report de trafic sur certains réseaux secondaires déjà saturés ou mal adaptés, en particulier sur la D453 entre Pont-de-Crau et Saint-Martin-de-Crau.
A noter également un accroissement significatif du trafic sur la partie urbaine de la RD35, à proximité immédiate de plusieurs groupes scolaires.
Tout projet de contournement autoroutier est accompagné du traditionnel projet de requalification en boulevard urbain de l'ancien axe. Mis en avant par de beaux dessins et maquettes, ce projet fait miroiter la transformation d'un axe routier en coulée verte où il fait bon flâner avec ses enfants.
Mais selon les prévisions de la DREAL, 24 700 véhicules dont 500 poids-lourds continueront à emprunter quotidiennement l’axe actuel au droit du pont sur le Rhône, pour du trafic local. Le contournement étant payant, pour éviter un trop fort report sur l'axe actuel, la ville d'Arles et la DREAL ont fait le choix de rendre peu accueillant à la circulation l'axe actuel entre le transformant en 2*1 voie dans un premier temps.
Ce qui revient à remplacer une 2*2 voie congestionnée aux heures de pointe par une 2*1 voie congestionnée aux heures de pointe.

Dans une deuxième étape, la ville prévoit même de supprimer une partie de cet axe, entre la Roquette et Fourchon. Renvoyant vers le centre-ville et les rues Bigot, Guintoli et Formige. Si les images de synthèse peuvent attirer l'oeil, c'est faire abstraction totale de la réalité du pays d'Arles et de son caractère rural nécessitant un recours à la voiture important pour aller d'un village à l'autre ou d'un village vers la ville.
Cela n’étant pas dans les prérogatives de l’État, cette requalification reposera financièrement sur les collectivités locales. Nous sommes dès lors en droit de s’interroger sur la pertinence de l’objectif initial de l’amélioration du cadre de vie des Arlésien.ne.s.
L’État s’est engagé sur plusieurs accords internationaux concernant les réductions de la pollution de l’air et des gaz à effets de serre (GES). L’objectif national est de réduire les émissions de GES de 40% en 2030 par rapport aux émissions de 1990. Nous sommes actuellement très en retard sur cet objectif. Les oxydes d’azotes, principaux polluants atmosphériques et dont l’origine est pour 55% dus aux transports routiers, sont particulièrement visés. Ce projet va complètement à l’encontre des engagements de l'Etat en la matière.
Avec ce contournement, la pollution de l’air globale ne sera pas réduite. En 2028 les trafics cumulés du contournement et de l’axe actuel seront assez similaires à celui du trafic actuel. Déplacer une partie du trafic et de ses nuisances à seulement 2km plus au sud ne réduit pas le trafic global.
La dernière étude d'AtmoSud sur l'ensemble de la ville (voir ici) mesurant notamment le dioxyde d'azote (NO2), traceur principal de la pollution liée au trafic routier, date de 2019. Cette étude conclue que "les concentrations les plus importantes ont été observées au niveau du centre-ville d’Arles et non pas en proximité de la N113".
Le boulevard Gambetta, le boulevard Emile Combes, l'avenue Leclerc ou encore le rond-point de Pont-de-Crau présentent des concentrations plus élevées qu'aux abords de la RN113. Pour réduire la pollution en ville, il est nécessaire de promouvoir une réelle politique de mobilité locale qui favorise les transports collectifs et les mobilités douce.

Si les prévisions prévoient des améliorations à proximité immédiate vers le Vittier et Saint-Genest, d’autres secteurs seront plus exposés aux pollutions comme Raphèle, Balarin ou Saint-Martin-de-Crau, sans oublier les futurs riverains ruraux du contournement.
Il est à noté que les transports routiers sont responsables de 51% des émissions de NOX sur le territoire de l'agglomération arlésienne (source AtmoSud).
Comment s'imaginer que la construction d'une autoroute aux portes de la Camargue et de la Crau ne fera pas d'énormes dégâts sur la biodiversité ? Sur un territoire surnommé le "triangle d'or de la biodiversité", le tracé retenu passe à quelques centaines de mètres à peine du Parc Naturel Régional de Camargue.
Trois sites Natura 2000 seront traversés par le projet (Camargue, Rhône Aval et Crau). D'autres dispositifs de protection ou label environnementaux, ZNIEFF, ZICO, Réserve de Biosphère, sont traversés par la bande d'enquête publique, ZNIEFF, ZICO, Réserve de Biosphère, qualifiant des secteurs de grand intérêt écologiques nationaux. Ce contournement coupera de nombreux corridors écologiques, connexions indispensables pour la faune, reliant entre eux différents habitats vitaux pour les espèces.
Sur le tracé, sont recensés :
🦩 Plus de 140 espèces d'oiseaux
🐸 11 espèces d'amphibiens
🦎 12 espèces de reptiles
🦫 41 espèces de mammifères
🦇 dont 21 espèces de chauves-souris
🌿 plus de 450 espèces de plantes
Plus de 160 espèces protégées recensées sur le tracé !
Enfin quels impacts sur les laurons, ces puits naturels d’où jaillit l’eau de la nappe souterraine et qui en font des milieux quasi unique en Méditerranée ? De nombreux laurons recensés seront directement touchés par ce projet.
Plus de 150 hectares de terres agricoles diversifiées vont être détruites par ce projet : céréales, maraîchage, arboriculture, élevage extensif, prairies, vigne, apiculture,... dont 36% en culture biologique, bien plus que la moyenne nationale (10%). Là aussi des labels accompagnent certaines cultures : IGP riz de Camargue, AOP Taureaux de Camargue, IGP viticole Bouches du Rhône – Terre de Camargue et AOP pour le foin de Crau, seul aliment pour animaux à obtenir un tel label de qualité. Cette diversité de culture participe à la résilience alimentaire du territoire.
41 exploitations agricoles sont touchées par le projet. Le total des emplois directs des exploitations concernées représente 206 équivalents temps plein, soit 9% des emplois agricoles sur les deux communes d’Arles et Saint Martin de Crau..
Sans avoir questionné tous les responsables de ces entreprises agricoles, la DREAL estime que le projet remet en cause à minima la survie de 6 d'entre elles. Pour un projet sensé favoriser l'économie locale c'est un comble !
En Crau humide ces cultures sont notamment rendues possible par un vaste réseau hydraulique qui alimente parcelle par parcelle les différentes prairies. Compte tenu de la complexité des canaux et de la nécessité d’entretien des ouvrages ce projet va dégrader un système agricole extrêmement fragile et bâtit au fil des siècles.
La nappe phréatique de Crau est intimement liée aux pratiques agricoles car alimentée à 70% par les canaux d’irrigation des prairies de Crau. D'Arles à Istres, près de 270 000 personnes sont alimentées en eau potable via cette nappe phréatique. Alors que l’eau est déjà un enjeu majeur sur le territoire, faire peser une menace supplémentaire sur cette nappe est un non sens.
De nombreuses entités paysagères seront traversées par cette autoroute : haute Camargue, bocages périurbains de Gimeaux, Grand Rhône, Petit Plan du Bourg, Grand Plan du Bourg, terres agricoles de la Draille marseillaise, Crau des marais et des étangs, et enfin Coussouls de Crau. Ce dernier étant un milieu unique et non compensable.
Une partie du tracé, vers la Draille marseillaise, sera sur un remblai allant jusqu'à 12m de hauteur, dans un environnement plat et au milieu des mas classés. De nombreuses habitations seront rasées et leurs occupants expropriés, que ce soit vers Gimeaux, le Plan-du-Bourg ou la Draille marseillaise, bouleversant ainsi de nombreuses vies.
Pour rappel, parmi les sept variantes initiales du projet, la seule qualifiée de très bonne pour le cadre de vie était la solution sous-fluviale longue, laquelle répondait favorablement à toutes les fonctions et objectifs sauf le coût, ce qui lui a valu d’être balayée d’un revers de main. Les questions environnementales et de pollutions n’ont pas la chance d’être réglée à coup de « quoi qu’il en coûte ».
Pour en savoir plus
Consultez les vidéos de l'alterconcertation
En ce début d'année 2024, pas de pause dans la continuité de nos luttes.
Le projet d’autoroute au sud d’Arles est entré dans une nouvelle phase avec une consultation publique afin d’évaluer la Mise en Compatibilité des Documents d’Urbanisme (MECDU) à ce projet. Autrement dit, ce n’est pas l’autoroute qui se rend compatible avec le territoire, c’est le territoire qui doit se rendre compatible pour l’autoroute. Le MECDU est une procédure d’urgence pour permettre aux communes de réviser leur Plan Local d’Urbanisme (PLU) rapidement dans le cas où un projet de développement serait freiné par ce même PLU.
Pour cela, les deux communes concernées par l’autoroute (Arles et Saint-Martin-de-Crau), lancent une procédure de consultation entre le 5 décembre 2023 et le 16 janvier 2024 afin de recueillir les avis de la population, non pas sur le projet global (il ne s'agit pas - encore - de l'Enquête d'Utilité Publique concernant le projet lui-même) mais sur les dispositions techniques permettant cette mise en compatibilité des documents urbanistiques.
Le dossier est téléchargeable à cette adresse : https://we.tl/t-Sf2gB9brwa
Il est possible de participer à cette consultation en envoyant un avis à cette adresse mail : arles.concertationmecdu.plu@ville-arles.fr
Nous vous invitons fortement à participer à cette consultation et à marquer votre opposition à cette mise en compatibilité des documents d’urbanisme.
Afin de vous aider dans l’élaboration d’une réponse, nous avons étudié le dossier et en avons tiré plusieurs points à mettre en avant (parfois assez techniques).
Pour éviter les copier/coller, nous vous suggérons de réécrire quelque peu les différents points soulevés ou de ne choisir que certains d'entre eux pour votre contribution, même si tous les points méritent d'être soulevés.
Pour vous aider, voici les significations des divers acronymes utilisés dans les documents officiels :
AOC = Appellation d'origine contrôlée
AOP = Appellation d'origine protégée
DREAL = Direction régionale de l'Environnement, de l'Aménagement et du Logement
DTA = Directive Territoriale d'Aménagement
IGP = Indication géographique protégée
MECDU = Mise en Compatibilité des Documents d’Urbanisme
PADD = Projet d’Aménagement et de Développement Durables
PLU = Plan Local d’Urbanisme
SCOT = Schéma de Cohérence Territoriale
SRADDET = Schéma régional d'aménagement, de développement durable et d'égalité des territoires
En parallèle de la concertation menée par la DREAL, Changeons d’Avenir a mis en place son alter-concertation, en organisant quatre conférences-débats en décembre 2020 et janvier 2021.
Retrouvez ici la synthèse sur les déplacements
Retrouvez ici la synthèse sur les milieux naturels et changements climatiques
Retrouvez ici la synthèse sur le cadre de vie et les paysages
Retrouvez ici la synthèse sur les questions agricoles et hydrauliques
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